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DE LA VILLE DE PARIS.
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LXIV. — Responce aux lettres de Monseigneur le Connestable .
DUC DE MONTMORANCY.
■ah octobre i55a. (B fol. 3a v°.)
"Monseigneur, nous avons receu presentement vostre lettre, escripte à Reyms, le xxin0 jour de ce moys(1' ; et avons esté merveilleusement aises d'en­tendre dc voz bonnes nouvelles, mesmes de l'estat et disposition des affaires du Roy, lant du costé de Lor­raine que de l'ordre que vous avez donné du costé de la Picardye, qui est l'endroict qui nous presse de bien près, comme trop mieulx l'entendez, et duquel la perte [et] calamité retombe et redonde principal­lement sur ceulx de ceste ville.
«Grace à Dieu, le peuple de ceste ville ne s'est point esmeu jusques à present pour l'occasion qui s'est offerte de l'incursion soudaine de nos ennemys, qui estoit ce que l'on pensoit pour lors ct ce que l'on entendoit le moins; et vous pouvons escripre pour chose certaine que oncques le peuple ne fut en plus grant repoz, transquilité et quiétude qu'il a esté es jours passez; et avons ceste ferme esperance en Dieu, au Roy et à vous, que nous avons tousjours tenu et reppute comme nostre principal protecteur et def-fenceur, que sy nous avons esté gardez de l'ire et fureur, incursion ct invasion de l'ennemy ces ans passez, mesmes pour ceste derniere foys, que à l'ad­venir nous serons et viverons encores en une plus grande seureté : vous advisant que, en ce qui nous sera possible, qui ne pourra estre grant chose, que nous mettrons peyne d'estre soigneux et dilligens et vigilans pour faire service au Roy, à la Ville et à sa chose publique, et n'oublierons rien de ce qui sera et appartiendra à nostre charge et à nostre office.
« Monseigneur, le plus grand moyen de contente­ment que puissent avoir ceux de ceste ville et con­séquemment ceulx des autres villes qui sont aux escouttes et qui recueillent le bruy qui court par deçà, le plus grand bien et honneur que vous puis­siez faire à tous ceulx de ceste ville, est de savoir
et entendre souvent des bonnes nouvelles des affaires du Roy dont nous esperons bien, par vostre moyen, en estre faictz parlicipans. Et vous advisons bien que ce ne seroient pas lettres perdues, mal employées ou mal adressées, principallement pour obvyer aux nouvelles qui sont sinniéez et publiéez au Palais et autres endroictz de cestedicte ville, qui peuvent engendrer de mauvaises fantaisies, concep­tions et oppinions aux hommes restés en cested, ville, qui ne sont pas d'ung mesme pays. Une seulle lettre du Roy et de vous publiée, ainsy comme il se peult et doibt faire discrètement, ra-battera tout le bruit et toutes les nouvelles qui pour­roient avoir esté percées.
"Monseigneur, nous prions nostre Createur vous donner sa grace et en sauté bonne vie et longue.
«A Paris, le xxime jour d'Octobre mil v° lu.
«Voz trés humbles et obéissans serviteurs, •
"Les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris."
Signé : Bachelier.
Lesdictes lettres de Monsr le Connestable leues, à l'instant Monsr le Prevost des Marchans se trans­porte en Postel Sainct Denis par devers Monsei­gneur le Cardinal Bourbon'2'; auquel mondit Sr le Cardinal dit qu'il avoit le jourd'uy receues lettres du Roy adressantes audictz Prevost des Marchans et Eschevins, avec autres lettres à lui adressantes: par lesquelles il avoit charge dud. Seigneur de mertier les habitans dc Paris de leur bonne volunté et demonstration de leur parfaicte affection et fidel­lité envers luy. Desquelles lettres les teneurs en­suyvent.
première phrase : Lettres de Monseigneur le Connestable receuz avec les lettres du Roy. Mess", je vous veulx bien advertir de mon arrivée en ceste ville où je suis venu trouver le Roy par son commandement, pour regarder à pourveoir aux affaires qui se présen­tent du costé de Picardie... n — Au Registre A, les lettres du Connétable suivent immédiatement notre art. ci-dessus LXI.
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(2' L'Hostel Sainct Denis», résidence du cardinal de Bourbon : voir page 26, note 1.